Renaît lentement de ses cendres.
 
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 LES BERSEKERS

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Hel
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MessageSujet: LES BERSEKERS   Jeu 14 Juil - 1:58




LE GUERRIER SANS PEUR

Voiles pliées, mâts baissés, la flotte royale rame vers l'ennemi. Lances et flèches se croisent en sifflant, puis c'est l'abordage. Bientôt, les ponts sont rouges de sang et la mer charrie des cadavres. Sur le vaisseau du roi, on remarque douze guerriers d'une stature exceptionnelle. Ils se tiennent à l'avant du mât, c'est-à-dire à l'endroit le plus exposé. Pourtant ils ne portent, en guise d'armure, que des peaux d'ours ou de loups. Les douze attaquent avec un total mépris du danger. Ils sautent en hurlant d'un bastingage à l'autre, et leurs haches fendent l'air avec une telle vitesse que leurs lames ont des queues de sang. Dans chaque camp, on fait assaut de vaillance, mais personne ne peut rivaliser avec les douze. C'est grâce à eux que le vaisseau du roi fait le vide devant lui, que d'autres navires s'engouffrent dans la brèche, et que la flotte ennemie se disloque. Après la poursuite, vient l'heure de compter les morts et les blessés. Personne n'est indemne à bord du vaisseau royal, sauf les douze guerriers sans armure. Le combat les a épuisés au point qu'ils titubent, mais Odin a voulu qu'aucun d'eux ne soit blessé. Ces hommes sont des berserkers, des guerriers-fauves, et le roi sait qu'une fois de plus, il leur doit la victoire.


LE DUEL

BersekerQuittons la flotte royale pour porter notre attention sur un village de la côte nordique. Dans un pré, face à la mer, on tend des cordes pour délimiter un champ clos. C'est là que le jeune Hallr va affronter Ljort le Blême, un berserker étranger au pays. Hallr appartient à une famille noble et riche, mais affaiblie par un sort contraire. Depuis la mort de son père et de ses frères, il en est le seul membre en état de porter les armes. Sa jeunesse et son inexpérience risquent de ne pas peser lourd face au berserker. Ljort est un exilé, banni à la suite de ses crimes. Comme le roi n'a pas voulu le prendre à son service, Ljort a choisi de se tailler un domaine à la pointe de l’épée. La loi veut en effet qu'un homme libre puisse en défier un autre, le vainqueur du duel devenant propriétaire des biens du vaincu. Le berserker a donc provoqué d'honorables fermiers, et tué tous ceux qui ne se résignaient pas à lui abandonner leurs terres sans combattre. Aujourd'hui, il convoite à la fois les biens de Hallr et la main de sa sœur. Tandis que Hallr ajuste sa cuirasse, Ljort, qui n'en porte aucune, se livre à un étrange manège. Il se met à frapper du pied et à hurler comme un loup, puis mord à pleines dents le rebord métallique de son bouclier. Son visage s'empourpre, ses yeux brillent d'un feu surnaturel, et la bave ruisselle sur sa barbe hirsute. Dans l'assistance, personne ne bronche. Chacun sait ce que Ljort est en train de faire : déchaîner en lui la fureur guerrière qui caractérise ceux de son espèce. Une fois dans cet état, il ne craindra plus ni le fer, ni le feu, et ses forces seront décuplées. En face, Hallr reste imperturbable. Il écoute attentivement les conseils de son oncle, un vieux guerrier qui gagna plusieurs duels avant qu'un coup d'épée ne l'estropie.

Le combat commence. Le berserker se rue vers Hallr, qui bondit courageusement à sa rencontre. A la volée, sans arrêter sa course, chaque adversaire jette sa lance. Celle de Hallr ricoche sur la bosse du bouclier de Ljort, celle du berserker se plante dans le bouclier du jeune homme. Les deux adversaires sont maintenant au corps à corps. Ljort doit dégainer son épée mais Hallr, qui a laissé pendre la sienne par une sangle à son poignet, peut la saisir plus rapidement. Cela lui permet de devancer le berserker et de porter le premier coup. Chacun peut voir la lame du jeune homme s'abattre sur le flanc de Ljort et rebondir sans pénétrer la chair. Le berserker frappe à son tour. Hallr ne pare pas assez vite car la lance fichée dans son bouclier ralentit son geste. L'épée de Ljort fracasse la clavicule du jeune homme et l'étend face contre terre. Un second coup lui brise la nuque et fait du berserker le plus riche propriétaire terrien de la région. Mais pour combien de temps ? Ljort est détesté dans le pays. Il se montre incapable de gérer ses domaines, traite fort mal ses serviteurs, et ne compte plus ses ennemis. Un jour, c'est inévitable, il subira la vengeance d'un parent ou ami d'une de ses nombreuses victimes. Ce pourrait être Halldorr, cousin de Hallr, qui est parti guerroyer à l'étranger avec deux vaisseaux longs. Lorsqu'il rentrera, personne ne préviendra Ljort du danger qui le menace. Et l'on dit que Halldorr compte plusieurs berserkers parmi ses hommes...


ENVIÉS, MAIS DÉTESTÉS



Le monde viking met au premier plan les qualités guerrières, et il est normal que le berserker y occupe une place enviable. C'est le "combattant ultime", celui qui dédaigne de porter une armure, et n'en a d'ailleurs nul besoin lorsqu'il entre en fureur. Seules les blessures les plus graves (tête, membres coupés...) peuvent alors l'affecter, les autres ne le font même pas saigner ! De plus, il ne ressent aucune douleur : jambe coupée, il continuera à se battre jusqu'à ce qu'on lui porte le coup de grâce. Mais la valeur au combat n'est pas tout, même pour les vikings. Ces derniers apprécient également l'ordre et la maîtrise de soi. Or un berserker en fureur reste sourd aux ordres comme aux appels à la raison. Il lui est impossible de cesser le combat avant que tous ses ennemis soient morts ou en déroute. Plus grave encore, si le berserker peut provoquer ses crises en suivant un certain rituel (hurler, mordre son bouclier), il arrive aussi qu'elles se déclenchent spontanément au moment le plus inopportun. Un vieux récit raconte comment un berserker entre en fureur au cours d'une partie de balle qu'il est en train de perdre. Il tue un joueur adverse à mains nues et va faire subir le même sort à son propre fils quand une femme s'interpose. Cette intervention courageuse vaut à la malheureuse d'être précipitée dans la mer, et de recevoir un énorme rocher entre les épaules ! Utiles en temps de guerre, les berserkers se montrent fort encombrants entre deux batailles. Ce sont souvent des êtres frustres qui ne savent que boire, s'empiffrer, et provoquer les autres guerriers. Or le code d'honneur viking rend la moindre offense intolérable. Pour s'intégrer à une communauté, il faut donc être très attentif aux questions de préséance, et surveiller ses mots comme ses attitudes. C'est parce qu'ils ne respectent pas ces lois non écrites que les berserkers se rendent absolument insupportables.








LES ROIS EUX-MÊMES

BersekerLa nuit est tombée. Dans son palais, le seigneur du pays préside un banquet où sont invités les plus grands chefs et les plus valeureux guerriers. Soudain, la porte s'ouvre avec fracas. Entre un groupe de berserkers. Poussant des grognements de bêtes, ils traversent les flammes des foyers pour montrer leur pouvoir.Puis ils se rassemblent derrière leur chef, le plus grand et le plus fort d'entre eux. Ce dernier va faire lentement le tour de l'assistance. Il s'arrête devant chaque homme, même le seigneur des lieux, pour lui demander s'il s'estime aussi vaillant que lui. Et chacun est obligé de reconnaître son infériorité, car que répondre d'autre à un chef de berserkers, même lorsqu'on est un fier guerrier viking ? Après avoir mortellement humilié chaque homme présent, les berserkers s'emparent des places d'honneurs et réclament à boire. La fête va reprendre, mais avec ces convives ivrognes, sales et gloutons, l'ambiance de la soirée est définitivement cassée... Peut-être pensez-vous que les berserkers ne se comportent ainsi qu'à l'étranger ou chez leurs ennemis ? Détrompez-vous. On cite des cas où c'est dans la demeure de leur propre roi qu'ils se livrent à ce genre d'exhibition ! Ils en font même un rituel qu'ils répètent chaque soir, avant chaque banquet. Et ils n'épargnent à personne leur question humiliante, pas même au roi qui les a pris à son service. Ce dernier se trouve dans une situation fort délicate. L'outrecuidance des berserkers dépasse les bornes. Non contents d'insulter ses invités, ils voudront bientôt lui dicter sa conduite ! Il doit absolument se séparer de toute la bande. Une solution possible est de les offrir à un autre roi, à condition que ce dernier accepte ce cadeau empoisonné et que les berserkers eux-mêmes consentent à changer de maître. Sinon, il lui faut songer à se débarrasser d'eux d'une manière plus radicale. Mais qui osera les affronter ?

C'est alors qu'intervient le héros. Ses voyages l'ont amené à la cour du roi. Il se présente devant le souverain et se comporte en homme qui sait respecter les usages. Invité au banquet, il assiste sans s'émouvoir à la démonstration de force des berserkers. Lorsque leur chef lui pose la fameuse question « T'estimes-tu aussi vaillant que moi ? », le nouveau venu répond fièrement « Non, je m'estime ton supérieur, sale fils de jument ». Il s'ensuit un combat formidable que le héros remporte, bien sûr, avant d'épouser la fille du roi... Une question se pose immédiatement : comment le héros parvient-il à vaincre ces bêtes de combat que sont les berserkers ? La ruse pourrait être efficace, comme nous le verrons plus loin, mais elle ne peut expliquer une victoire en combat singulier, où il faut impérativement se montrer plus fort et plus rapide que son adversaire. En fait, une telle performance serait impossible au héros s'il ne possédait lui-même une étincelle de cette sauvagerie qui habite les berserkers. Et en effet, on s'aperçoit que les plus grands tueurs de berserkers ont des antécédents suspects. Mais contrairement à son adversaire, le héros respecte suffisamment les convenances pour évoluer dans la société, et s'y faire des alliés et des amis. D'autre part, s'il connaît la fureur guerrière, il a bien d'autres pouvoirs et talents. Egill, par exemple, n'est pas seulement un féroce combattant, mais un chef, un marin, un marchand, un magicien et un poète, bref, un homme complet. Les berserkers qui n'ont pas d'autre don que celui de foncer dans la mêlée au mépris de la mort ne peuvent se comparer à lui. Ils peuvent remporter des succès passagers, mais non sortir vainqueurs de la "longue course" de la vie.






LA BÊTE

Berseker Héros d'exception ou lourdaud stupide, tout berserker communie avec le divin lorsqu'il entre en fureur. La transe guerrière qui l'habite est inspirée par Odin, le dieu le plus puissant du panthéon nordique, qui n'est guère populaire. Il se soucie peu du bonheur des hommes. C'est un manipulateur dont les plans visent à provoquer des batailles meurtrières. En effet, il est vital pour lui que les meilleurs guerriers tombent au combat pour venir renforcer ses troupes, au Walhalla. Sans guerre, sans carnage, Odin serait privé de ces combattants d'élite qu'il veut à ses côtés pour livrer la bataille de la fin des temps. On comprend que les crises de folie meurtrière qui s'emparent des berserkers servent ses intérêts. Mais ce n'est pas tout. Le berserker puise sa force à d'autres sources, peut-être plus anciennes encore. Lorsqu'il se bat, il semble que sa nature humaine s'efface devant celle d'un ours ou d'un loup. Comme ces fauves, il attaque sans inhibition et ne ressent aucune douleur. Le mot berserker signifie d'ailleurs "tunique d'ours". Les vêtements des berserkers, leurs cris de guerre, leurs attitudes rappellent constamment leur parenté avec les grands prédateurs.

LES VAINCRES

Voici quelques méthodes possibles pour venir à bout des berserkers en jouant sur la ruse autant que la force. Puisque les lames pénètrent difficilement la peau de l'adversaire, on peut le faire trébucher tandis qu'il provoque les guerriers dans la salle du banquet. Aussitôt, chaque convive empoigne un gourdin et se précipite sur lui : le berserker est battu à mort avant d'avoir pu se relever. Cette solution manque d'élégance, mais face à un adversaire dont la peau semble impénétrable à l'acier, on n'a pas toujours le choix des moyens. Egill fut confronté à ce problème lors de son combat contre Atli. Voici de quelle manière efficace, mais peu hygiénique, il remporta finalement le duel : Egill brandit son épée de toutes ses forces, mais elle ne mordait pas, où qu'elle arrive. Alors il lâcha son bouclier, bondit sur Atli et s'empara de lui. Atli tomba à la renverse, mais Egill se pencha vers le sol et lui arracha la gorge d'un coup de dents : Atli y laissa la vie. Toujours spectaculaire, Grettir le Fort triompha d'un berserker avant même que le combat ne s'engage. Son ennemi s'excitait en mordant la pointe de son bouclier. Grettir se glissa promptement vers lui et donna un grand coup de pied dans le bas du bouclier, si fort que celui-ci remonta dans la bouche du berserker et lui arracha les mâchoires, et que les maxillaires lui tombèrent sur la poitrine. Grettir acheva l'ouvrage d'un coup d'épée bien placé qui trancha la tête de son ennemi. Cette méthode expéditive est déconseillée si l'on n'est pas sûr de ses réflexes. Il est beaucoup moins risqué de surprendre le berserker après que la fureur l'ait quitté : il est alors complètement épuisé, et particulièrement vulnérable jusqu'à ce qu'il soit bien reposé.



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